Les pâtes babyloniennes

Le plus vieux livre de cuisine du monde est d’origine babylonienne: trois tablettes  écrites en akkadien et caractères cunéiformes,  datant d’il y a 4000 ans. Jean Bottéro les a traduites en français à la fin du XX° siècle et rééditées en 2002.

Ces textes mentionnent plusieurs types de pâtes : risnatu, bapirru, qaiiatu.

Risnatu et bapirru sont synonymes. Le premier est un mot akkadien dérivant de rasanu, tandis que le second est sumérien et provient de bappir. Ces verbes sous-entendent que de la farine (de blé voire d’orge, les céréales autochtones de Mésopotamie) est pétrie avec de l’eau afin de réaliser un pâton. Par ailleurs, les expressions hasalu et napu utilisées par les recettes impliquent, d’une part, que le pâton est râpé contre un tamis et, de l’autre, que les paillettes ainsi obtenues sont pochées dans un me (consommé). Par voie de conséquence, le bappiru/risnatu est à la base d’une pâte émiettée appelée pasta grattugiata en italien.

de la pâte à la bière

de la pâte à la bière

Quant au qaiiatu, il dérivé de qalu signifiant grain torréfié et peut, lui aussi, être émietté. Il se rapproche dès lors de la fregola sarde également grillée et émiettée ou roulée.

Risnatu est, par ailleurs, à l’origine de la rishta arabo-perses, se rapportant également à des pâtes à potage; celles-ci ne sont toutefois pas émiettées mais découpées dans une abaisse.

Tablette cunéiforme

 

tablette cunéiforme

tablette cunéiforme

Yale Babylonian Collection